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Chaos à Port-au-Prince, des policiers en mode insurrection

La région métropolitaine a connu une nouvelle journée de tension ce mercredi 17 mars. Des policiers de tous les corps de la PNH en uniforme, des membres de Fantom 509, des policiers du syndicat SPNH17 et des militants de l’opposition ont exprimé leur colère et dénoncé les conditions dans lesquelles quatre policiers ont perdu la vie au cours d’une opération au Village de Dieu, la fin de semaine dernière. Les protestataires ont dénoncé l’attitude triomphaliste de la PNH qui a laissé croire qu’elle a récupéré un blindé au Village de Dieu mardi soir, alors que les cadavres des policiers tués vendredi 13 mars sont restés sur place. Très tôt dans la matinée, des tirs nourris ont été entendus dans la commune de Delmas. La route principale a été bloquée à plusieurs niveaux notamment à Delmas 30, 31, 32, 34, 48, 71, etc. Des camions ont été placés en travers de la route et des pneus enflammés ont été remarqués dans certaines intersections, ce qui a paralysé la circulation automobile pendant la journée. Des individus encagoulés et armés ont contraint les automobilistes à rebrousser chemin. Cette situation a eu des incidences sur les activités des établissements scolaires, des banques, des stations d’essence, des supermarchés, etc. Des barricades ont été remarquées également sur la route de l’aéroport, à Nazon, à Péguy-Ville, etc. La commune de Pétion-Ville a vu toutes les activités se restreindre au strict minimum. La peur encore une fois a gagné. L’absence des forces de l’ordre a fait le reste. En fin de journée, Port-au-Prince, Delmas, Carrefour et Pétion-Ville étaient des villes mortes.

Des policiers en mode insurrection 

Sur la route de Frères, des policiers en uniforme étaient remarqués en train de défiler. Issus notamment de la 26e promotion, ces policiers qui étaient en formation à l’Académie nationale de police ont dénoncé la gestion faite par le directeur général a.i. de la police nationale Léon Charles de la défaite enregistrée au Village-de-Dieu. Ils se sont dirigés devant les locaux de la direction générale de la PNH. Là-bas, un autre groupe, majoritairement composé des membres de Fantom 509, et de SPNH17 était déjà présent. Ils ont tous manifesté leur mécontentement.

Ces protestataires ont lancé un message devant les locaux de la direction générale. Geffrard Guerby, délégué du SPNH17, a exigé que les cadavres des policiers tués à Village-de-Dieu soient remis à leurs parents. « Le directeur général les a envoyés à la boucherie. De la même manière qu’on a payé pour récupérer le blindé à Village de Dieu, il faut aussi récupérer les cadavres des policiers victimes. Si le directeur général Léon Charles ne peut pas récupérer ces cadavres et les remettre aux parents, nous n’allons plus reconnaître son autorité », a-t-il tonné. Les protestataires ont tenté vainement de pénétrer les locaux du SWAT où ils indiquaient vouloir rendre un hommage aux policiers tués.

Ensuite, ils se sont rendus au commissariat de Delmas 33. Ils ont envahi la cour et y ont placé des pneus enflammés. Une vive tension a régné dans l’espace durant plus d’une heure. Après avoir lancé des ultimatums, ils ont pénétré l’enceinte du commissariat et libéré des policiers qui étaient placés en garde à vue. Ils n’ont trouvé aucune résistance.

Après Delmas 33, alors que les protestataires revenaient de la route de l’aéroport, certains individus non identifiés ont envahi les locaux de Universal Motors, entreprise appartenant à Pierre Réginald Boulos, homme d’affaires devenu politique. Ils ont d’abord mis le feu à l’entrée du bâtiment avant de le mettre partiellement à sac. Des véhicules et des accessoires ont été emportés. D’autres véhicules ont été incendiés dans le parking. Au moins un véhicule a été récupéré par la police au niveau de Gérald Bataille. Des hommes lourdement armés ont ouvert le feu quand des protestataires ont tenté également d’investir les locaux de Auto Plaza, situé dans le même secteur. Au moins un mort et plusieurs blessés ont été enregistrés au cours de cette fusillade.

A Carrefour, à l’entrée sud de la capitale, la situation était relativement calme dans la matinée. Les transports en commun, le commerce, les écoles ont fonctionné normalement. Une présence policière remarquée dans certains endroits stratégiques. Toutefois, la situation était différente en début d’après-midi. Les banques commerciales, les pompes à essence et le grand commerce ont fermé leurs portes beaucoup plus tôt que d’habitude. La circulation était devenue très fluide.

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